
Il y a peu, j’ai pris une décision qui semble “dingo” : j’ai supprimé un compte social de 14 000 followers pour repartir de zéro. Zéro abonné. Zéro visibilité apparente. Zéro chiffre à mettre en avant dans un rapport.
Dit comme ça, ça semble absurde. Alors laissez-moi vous expliquer pourquoi c’était, au contraire, la décision la plus raisonnable.
Un chiffre qui ne voulait rien dire
Ces 14 000 abonnés provenaient en grande partie de publicités mal ciblées, mises en place avant que je ne reprenne la main sur ce compte. Le genre de campagnes qui optimisent uniquement pour le coût par follower, sans se soucier de qui clique. Résultat : une audience gonflée, mais complètement “hors sol”. Des gens qui n’avaient aucun lien avec l’agriculture, aucun intérêt réel pour le contenu publié, et qui n’interagissaient jamais.
Sur le papier, 14 000 followers, ça impressionne. Dans les faits, ce chiffre ne servait à rien, si ce n’est à flatter un ego ou à rassurer les KPIs internes sur un PowerPoint.
Pourquoi c’est un vrai problème
Ce n’est pas juste “inutile”, c’est contre-productif. Voici pourquoi :
Les algorithmes se basent sur l’engagement, pas sur le volume. Instagram, Facebook, LinkedIn ou TikTok poussent en priorité le contenu qui suscite de l’interaction réelle (likes, commentaires, partages, temps passé). Si votre audience n’interagit jamais parce qu’elle ne se sent pas concernée par vos publications, votre taux d’engagement s’effondre. Et un taux d’engagement faible signale à l’algorithme que votre contenu n’intéresse personne. Résultat : vous êtes montré à de moins en moins de monde, y compris à ceux qui, eux, seraient vraiment intéressés.
Un chiffre pour donner un ordre d’idée sur les écarts d’engagement observés dans le secteur agricole : jusqu’à 8,5% sur TikTok, contre 1,9% sur Instagram et à peine 0,07% sur Facebook selon les plateformes et le type de compte. Une audience mal qualifiée, quel que soit sa taille, tire ces chiffres vers le bas.
Une fausse audience fausse aussi votre lecture stratégique. Comment savoir ce qui fonctionne vraiment auprès des agriculteurs si une grande partie de votre communauté n’en fait pas partie ? Impossible de tirer des enseignements fiables d’un tableau de bord pollué par du bruit.
Repartir de zéro, et alors ?
J’ai donc fait le choix de repartir de zéro follower. Difficile à accepter sur le moment, je ne vais pas mentir : voir un compteur revenir à 0 après avoir affiché 14 000, ça pique. Mais au bout de quelques mois, tous les voyants étaient repassés au vert :
- une communauté beaucoup plus qualifiée, composée de personnes réellement concernées par le sujet,
- un taux d’engagement nettement supérieur,
- et surtout, une vraie interaction avec cette communauté : des commentaires, des questions, des partages, des messages privés.
C’est ça, la mécanique organique dont on parle tant : une audience qui interagit fait vivre votre compte, et un compte qui vit est mis en avant par les algorithmes. Un cercle vertueux qu’aucune audience achetée ne pourra jamais déclencher.
La leçon à en tirer
Si une agence vous promet 20 000 followers en quelques mois, posez immédiatement la question suivante : quel sera le taux d’engagement de cette audience ? Dans la majorité des cas, la réponse est gênante. L’acquisition organique est plus lente, plus exigeante, moins spectaculaire sur un premier rapport mensuel. Mais c’est la seule qui construise une audience qui vous écoute, vous répond, et in fine, achète.
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Je gère les réseaux sociaux des entreprises de l’agrofourniture, je forme les équipes en interne, et j’audite les présences existantes.Voir mes prestationsou mes références.
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